Rock the Casbah : Le son de The Clash

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Broché : 352 pages pagesAuteur : Pierre-Frédéric Charpentier
Editeur : Le mot et le reste (17 septembre 2015)
Collection : Livres
ISBN-10 : 2360541854
Format : Broché
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Tous les titres des CLASH sont scrutés à la loupe pour un résultat époustouflant. Evidemment, c'est un ouvrage qui est destiné à leurs fans, mais peut également intéresser ceux ayant des accointances avec ce genre musical. Cependant, Pierre Frédéric CHARPENTIER, l'auteur du livre, a accompli un travail de recherche formidable et qualitatif. Moi qui modestement en connais un petit rayon sur ce quatuor que j'affectionne, j'y ai appris des choses que j'ignorais jusqu'alors ! Les faces B les plus obscures du groupe sont évoquées, ainsi que les circonstances qui ont présidé à leurs enregistrements ! Ce sens du détail se retrouve quant à l'interprétation live de leurs innombrables morceaux : pour chacun d'entre eux, il est précisé s'ils ont été joués sur scène ou pas et durant quelle période, avec quels musiciens, quels collaborateurs et quel était le sujet abordé. Certaines paroles sont (bien) traduites, rendant la compréhension plus aisée. Une véritable mine d'or pour le passionné. Chose incroyable : même les titres jamais enregistrés en studio sont passés ici au crible ! Qui dit mieux ? Un travail assurément d'historien dont l'intéressé a la qualité de par sa profession. Bravo !De plus, des comptes rendus de certaines prestations scéniques y figurent aussi et donnent un aperçu de l'évolution du groupe entre 1976 et 1985. On y apprend que les CLASH étaient considérés comme PERSONA NON GRATA lors d'un fameux concert donné à Hambourg le 20 05 1980. En effet, une partie du public leur avait enjoint de ne plus jouer de morceaux punks tant il considérait que les musiciens avaient trahi la cause et étaient devenus corrompus. Nous étions alors en plein tumulte de leur album phare, LONDON CALLING, le LP qui leur fit perdre quelques fans de la première heure, mais lequel lui en fit gagner bien d'autres. Le groupe n'étant pas du genre à céder au diktat, il n'en fît qu'à sa tête et joua des morceaux emblématiques de leurs deux premiers albums dans une ambiance tendue et électrique. Qui allait céder le premier ? Excédé par un type qui n'eût de cesse de l'insulter tant et plus durant une bonne partie du concert, Joe STRUMMER descendît de scène et administra à l'infortuné avorton un coup de télécaster sur le coin de la figure. Le type, le visage en sang, dut être évacué et le chanteur, qui regretta par la suite son geste, conduit au poste de police alors que le concert était devenu incontrôlable. Le plus surprenant, dans cette affaire, c'est qu'un flic présent lui a donné raison ! Incroyable... était-ce un fan du groupe ? On ne le saura sans doute jamais. Cette petite anecdote illustre la profusion d'informations qu'on peut trouver avec plaisir dans cet ouvrage fort bien documenté.Pour autant, certaines appréciations ne m'ont pas convaincu. Par exemple, je trouve que la B side de ROCK THE CASBAH, LONG TIME JERK, est vraiment réussie alors que l'auteur parle à son sujet d'une régression de créativité musicale dont le fait saillant serait la simplification du jeu du formidable batteur qu'était Topper HEADON. Son talent (réellement immense) fut ruiné par une dépendance excessive aux drogues les plus dures. Je pense au contraire que la présence de cette piste justifie l'achat de ce 45 tours, titre qui est un croisement heureux entre ROCK THE CASBAH et RADIO CLASH ! Il me semble aussi assez sévère avec NORTH AND SOUTH, chanson issue de CUT THE CRAP, qu'il qualifie de morceau complaisant. Or, pour ma part, je trouve que la mélodie qui s'en dégage est d'une beauté sidérante. J'aimerais en écouter plus souvent de ce calibre... SEAN FLYNN de COMBAT ROCK, ne trouve pas non plus grâce à ses yeux, bien que pour moi, il s'agisse d'un bon morceau méconnu. Pas un standard du groupe, certes, mais une piste satisfaisante ne serait-ce que par le traitement du sujet abordé, l'histoire d'un reporter de guerre disparu au début des années 70 et certainement assassiné par ses geôliers au Cambodge. Bon, maintenant les goûts et les couleurs peuvent se discuter et ces divergences nourrissent le débat, ce qui peut le faire avancer ! De plus, SOMBEBODY GOT MURDERED, titre de SANDINISTA ! est entièrement dévolu à Mick JONES, texte et musique. Or, il semblerait bien que les paroles soient l'oeuvre de Joe STRUMMER, lequel avait découvert en bas de son immeuble, baignant dans son sang, le corps d'un pauvre veilleur de nuit assassiné pour quelques livres... A contrario, il loue justement la qualité d'un single qui n'a jamais vu le jour en vinyle dans sa version studio : IN THE POURING RAIN qui pour une raison opaque et incompréhensible ne figurait pas sur le dernier disque en date du groupe, CUT THE CRAP. Il existe une seule version LIVE sur un EP 4 titres peu diffusé, ainsi que sur la BO JOE STRUMMER, THE FUTURE IS UNWRITTEN, sortie en 2007 en CD. Il le considère, à juste titre, comme étant un des meilleurs morceaux jamais écrits par le groupe, toute période confondue. La force de la mélodie alliée à l'énergie toute en retenue déployée par le CLASH le rend effectivement indispensable et addictif. Le batteur ayant succédé à Terry CHIMES, PETE HOWARD, y est excellent et est considéré à juste titre comme le meilleur musicien du groupe à ce poste, derrière la fine fleur du genre, le génial Topper HEADON. On a une idée du résultat qu'aurait eu le LP, CUT THE CRAP, s'il avait pu bénéficier d'un meilleur traitement en studio. Hélas, Bernie RHODES, le manager, s'est échiné à tout saccager en y introduisant des boucles électro, des boîtes à rythmes lourdingues sur la plupart des morceaux alors qu'il disposait d'une section rythmique excellente ! Pour s'en convaincre, il suffit de réécouter la face B du maxi THIS IS ENGLAND, soit DOT IT NOW et SEX MAD ROAR, morceaux sur lesquels le groupe joue à l'unisson live studio. Eux ne sont pas pollués par des artifices électroniques qui plombent des pistes de l'album ! Reste le sublime THIS IS ENGLAND plébiscité, à juste titre, par l'auteur pour sa qualité mélodique et son texte au vitriol sur les années THATCHER d'une cruauté innommable pour les plus démunis. "La dernière grande chanson des CLASH", dixit Joe STRUMMER. Elle est en fait une protest song de haute volée.Nous étions en 1985. Les U2, SIMPLES MINDS and co allaient durablement occuper le devant de la scène musicale, du moins dans la conscience collective et allaient vendre des tonnes de disques et remplir les stades' Ils allaient de plus "institutionnaliser" le rock. On parlait alors du retour du "rock héroïque"' Lequel ? Et la fin du CLASH était définitivement prononcée dans une quasi indifférence.Je tiens à remercier sincèrement Pierre Frédéric CHARPENTIER pour son investissement colossale, sa passion pour le groupe, potentiellement communicative, et l'intelligence de ses textes qui m'ont permis parfois de remiser mes certitudes ; pas toutes, mais certaines !
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